C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris la soudaine disparition, dans la nuit du 7 au 8 février, de notre collègue Martin Aurell, éminent historien médiéviste, Professeur à l’Université de Poitiers. Il était membre de la branche française de la Société Internationale Arthurienne.
Le monde de la médiévistique a perdu avec Martin Aurell un chercheur talentueux et brillant, un collègue modeste et estimé, un homme chaleureux et généreux.
Né à Barcelone le 23 février 1958, il a consacré sa carrière à l’étude du Moyen Âge avec une passion et une rigueur qui ont fait de lui l’un des plus grands spécialistes de sa génération. Professeur d’histoire médiévale à l’Université de Poitiers depuis 1994, il a dirigé le Centre d’études supérieures de civilisation médiévale (CESCM) de 2015 à 2022, laissant une empreinte profonde sur cette institution.
Auteur d’une thèse sur « L’État et l’aristocratie en Catalogne et en Provence : (IXe-XIVe siècles) », soutenue en 1983 à l’Université de Provence sous la direction de Noël Coulet, il était spécialiste d’histoire politique, sociale et culturelle. Son œuvre, qui a porté sur l’aristocratie médiévale, le pouvoir et la parenté, est considérable, et il faut citer, parmi de nombreux ouvrages qui font autorité, L’Empire des Plantagenêt (1154-1224) en 2003, La Légende du roi Arthur (550-1250) en2007, Le Chevalier lettré : savoir et conduite de l’aristocratie aux XIIe et XIIIe siècles en 2011, Des Chrétiens contre les croisades (XIIe-XIIIe siècle) en 2013 ou encore très récemment le remarqué Aliénor d’Aquitaine, souveraine femme en 2024.
Attentif au dialogue des disciplines, Martin Aurell avait aussi le goût de la transmission du savoir au-delà du cercle des institutions académiques. Il a porté la voix de la médiévistique auprès du grand public avec une générosité et une conviction remarquables, contribuant de mille manières à ce que l’on nomme aujourd’hui la diffusion du savoir. On ne compte plus ses interviews à la presse spécialiste comme générale, ses ouvrages de vulgarisation (comme ses Dix idées reçues sur le Moyen Âge paru en 2019) ou encore ses podcasts (sur France Culture par exemple) qui permettront à celles et ceux qui ne l’ont pas connu de découvrir la voix d’un chercheur regretté.
Ses obsèques ont eu lieu le jeudi 13 février à 14h à l’église Saint-François-d’Assise de Nantes.
La branche française de la Société Internationale Arthurienne adresse ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches, à ses collègues et étudiants, et à tous ceux qui l’ont aimé.

